Chaton 100

Liquide de lavage broncho-alvéolaire et liquide trachéal

1. Définition

Techniques de prélèvement de matières biologiques consistant à injecter du sérum physiologique dans une partie de l'appareil respiratoire et à le retirer par aspiration en vue d'examen cytologique et bactériologique.
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2. Indications

Toute pathologie chronique des voies respiratoire doit pousser à réaliser cet examen : toux chronique, jetage constant.

Le lavage ou l'écouvillonnage des cavités nasales peut être réalisé dans un 1er temps car plus simple mais il n'apportera pas toujours le même renseignement diagnostique.

3. Techniques de prélèvement

    LBA

    Le matériel 
    Sondes endotrachéales de différentes tailles 
    Endoscope pédiatrique (ou à défaut mais en pratiquant à l'aveugle, des sondes urinaires stériles) 
    Sérum physiologique stérile 
    Une seringue de 20 cc 
    2 tubes EDTA stériles - 2 tubes secs

    La technique 
    Sous AG, insérer la sonde endotrachéale et gonfler le ballonnet. 
    Passer l'endoscope (ou à défaut une sonde urinaire stérile) dans la lumière de la sonde jusqu'aux bronches. 
    Monter la seringue de 20 cc à l'extrémité du bronchoscope ou de la sonde 
    Injecter une quantité adaptée en fonction du sujet (15 à 40 cc chez le chien - 3 à 5 cc/kg chez le chat) de sérum physiologique stérile et réchauffé (37°C). 
    Réaspirer immédiatement et doucement à l'aide de la seringue 
    Conserver le liquide dans 4 tubes, 2 tubes EDTA et 2 tubes secs.


    Conservation et transport
    Si le prélèvement a été effectué de manière stérile (ce qui est indispensable afin de ne pas contaminer les voies respiratoires du patient), le prélèvement peut etre expédié par voie normale. Les germes qui pourraient se développer dans le liquide sont ceux du prélèvement et les cellules se détériorent peu dans le tube EDTA.

     

    Lavage trachéal    

    Le matériel
    Cathéter IV de 8 mm 
    Sonde urinaire 
    Anesthésique local 
    Sérum physiologique stérile 
    Une seringue de 20 cc 
    2 tubes EDTA stériles - 2 tubes secs
     

    La technique 
    Animal en décubitus latéral (chien tranquillisé - chat sous AG) 
    Préparer chirurgicalement la zone située sur la membrane crico-arythénoïdienne ou la trachée à l'entrée du thorax 
    Infiltrer la zone à la lidocaine 
    Insérer le cathéter à 45° dans la trachée 
    Injecter une quantité adaptée en fonction du sujet (3 à 10 cc chez le chien - 0,5 cc/kg chez le chat) de sérum physiologique stérile et réchauffé (37°C). 
    Réaspirer immédiatement et doucement à l'aide de la seringue en 3 ou 4 fois éventuellement 
    Conserver le liquide dans 4 tubes, 2 tubes EDTA et 2 tubes secs.
     

    Conservation et transport
    Si le prélèvement a été effectué de manière stérile (ce qui est indispensable afin de ne pas contaminer les voies respiratoires du patient), le prélèvement peut être expédié par voie normale. Les germes qui pourraient se développer dans le liquide sont ceux du prélèvement et les cellules se détériorent peu dans le tube EDTA.

    4. Technique d'analyse

    Cytologie
    Aspect macroscopique

    Noter la quantité de liquide, sa couleur, son aspect (muqueux, spumeux, limpide ...) 

    Examen direct entre lame et lamelle (x 100 - x 400)
    Contrairement aux liquides d'épanchement où il est possible de dénombrer les différentes cellules sur un hématimètre (cellule de Malassez ou de Toma), la méconnaissance de la dilution ne permet pas d'établie ce dénombrement dans le cas de liquide de lavage.

    Examen coloré après centrifugation (x 400 - x 1000)
    Après centrifugation douce (2000 t/mn), noter l'importance du culot - étaler le culot sur 3 lames de façon assez épaisse. Le culot n'est pas toujours facile à étaler (trop discret, trop gluant...), c'est pourquoi il est préférable d'utiliser 3 lames ; au moins l'une ou une partie pourra se montrer lisible et permettra une interprétation.

      Bactériologie  
      Les techniques classiques d'ensemencement et d'identification sont utilisées.

      5. LBA normal

      Cytologie quantitative
      Que ce soit chez le chien ou le chat, les données divergent de manière importante quant au nombre (techniques, dilution et récupération difficiles à standardiser donc à objectiver) et à la population cellulaire.
      En tout état de cause, on peut retenir que la population macrophagique est prédominante (50 à 80 %), on trouve également en proportions variables lymphocytes (10 à 30 %) et neutrophiles (1 à 5 %), le pourcentage d'éosinophiles chez des animaux sains étant très faible chez le chien, et, semble-t-il, plus important chez le chat (jusqu'à 20 %), on note parfois la présence de basophiles. On remarque en quantité variable en fonction de la technique de prélèvement, des cellules épithéliales.

      Morphologie des cellules

      Neutrophileslymphocytes et éosinophiles présentent leur morphologie habituelle.
      Les macrophages alvéolaires sont de grande taille et rond. Le cytoplasme est souvent vacuolé.
      Les cellules épithéliales ciliées ont une forme ronde ou cubique et sont facilement reconnaissable grace à leur ciliature.
      Les cellules épithéliales squameuses, souvent présentes car desquament facilement, sont de grande taille, avec un cytoplasme abondant bleu-gris et un noyau central pycnotique.

      Bactériologie
      A l'examen bactériologique, des bactéries saprophytes sont retrouvées et c'est le travail du bactériologiste d'isoler et d'identifier des bactéries pathogènes à localisation spécifique (Bordetella bronchiseptica, Pasteurella multocida par exemple) ou non, par les techniques classiques ou plus sophistiquées (PCR)

      6. Interprétation générale des LBA

      On peut classer la réponse cytologique en 5 catégories :
      a - neutrophilique : affection plutôt aiguë
      b - éosinophilique : affection allergique ou/et parasitaire
      c- mixte
      d - lymphoïde : réponse immunitaire subaiguë à chronique - possibilté de Lymphome
      e - tumorale : amas de cellules à caractères malins

      La détermination des différentes populations cellulaires n'apporte pas forcément une réponse diagnostique immédiate. Elle doit être confrontée à la clinique et à l'épidémiologie et cet examen, comme tous les examens complémentaires n'apporte qu'une contribution supplémentaire à l'établissement du diagnostic et d'une éventuelle thérapeutique.

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